28.01.2010

Special collector

"Special collector " : voilà une expression plus que galvaudée et mise à toute les sauces mais cette fois je vous promet que vous ne le regretterez pas.

J'ai déjà fait référence plusieurs fois sur ce blog à la revue Etapes Graphiques ici, et encore là.(1).

La livraison de ce mois de janvier de cette revue est dédié uniquement à la visualisation de l'information !

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Edward Tufte, Manuel Lima (par lui même) et le New York Times sont les thèmes principaux de ce dossier et font l'objet d'articles de fond. C'est un vrai bonheur de voir certaines de nos icônes imprimées sur un papier de qualité avec une définition de revue d'art.  Cela vaut donc les 10 euros et quelques que vous devrez régler.

Évidemment Serial Mapper regrette le parti pris trop centré uniquement sur la visualisation assistée par ordinateur (2) mais cette publication est une étape (;-°)) importante sur le chemin de la sensibilisation en France à l'utilisation de la vision pour penser.

(1) tout à la fin du billet

(2) alors même que cette revue sait qu'il existe d'autre tentatives cf mes liens au début de ce billet

PS 1: merci à Christophe Tricot pour l'info.

PS 2 :  J'en profite pour faire de la pub (gratuite !) pour mon libraire graphique. Il s'agit de la librairie Leks 19 rue Pierre Lescot (Paris Les Halles). Ils ont beaucoup de bouquins d'occasion (heureusement pour le budget du ménage ;-°)) et Etapes Graphiques en stock.

 

18.11.2009

Tout compte fait ...

Tout compte fait le Père Noël n'est peut être pas une ordure !

Avec Christophe Tricot nos lettres au Père Noël tendent à se ressembler au moins coté bouquin (allez comprendre pourquoi ;-°)). Il y a un an nous avions passé commande , sans se concerter, de l'ouvrage ci dessous :

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et puis plus rien. Nous avions même oublié l'existence de cet opus.  Et puis patatras le 11 novembre 2009 Amazon se réveille (1)  et nous annonce l'arrivée de l'ouvrage. Ouf ! la réputation du Père Noël est sauf.

Rédigé par Gerlinde Schuller une artiste allemande, présenté avec des entrées alphabétique ce livre bénéficie d'une iconographie hors du commun.

Enfin un bouquin de design qui ne repends pas les mêmes icônes et les sempiternels lieux communs graphiques.

Les textes sont de vrais découvertes et très bien informées.  Bref ça change des miscellanées et autres billevesée

 

(1) l'ouvrage était sans doute épuisé.

25.10.2009

Maspero et les cartes

Ce livre consacré à François Maspero libraire, éditeur et, aujourd'hui écrivain et traducteur vient de paraître :

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Si je parle de ce recueil de contribution dans ce blog c'est, entre autres, parce que j'ai eu le grand privilège de fréquenter assidûment sa librairie la Joie de Lire et de faire ainsi une provision de bouquin et de revue (1) qui m'ont donné une rage de lire qui ne s'est jamais démentie.  Mais c'est également parce que cet artisan incroyable a formé, sans que je m'en rende compte, mon goût pour la mise en scène grâce à la publication d'ouvrages qui bénéficiaient de typographies soignées et de couvertures qui sont des modèles de créativité intelligente.

Vous me connaissez et vous savez que grâce à la sérendipité la cartographie n'est jamais bien loin dans mes lectures. J'ai donc trouvé cela page 288 :

"J'ai voyagé dès mon adolescence. dans l'après-guerre immédiate, au sortir de la Résistance dont j'ai été imprégné par mon histoire familiale, il y eu une tentative poussée de retrouver une forme d'humanisme, après et malgré ce qui s'était passé (...)

Je raconte dans Le Figuier ce rêve qu'eurent, en 1945, des jeunes gens qui avaient fait la guerre : il voulaient installer une radio universelle dans la capitale la plus haute du monde : ils l'appelaient "Radio Sucre" parce qu'ils avaient mal regardé la carte : La Bolivie est bien le pays le plus haut du monde, La Paz est à plus de 4000 mètres .... mais Sucre est dans la plaine. Pour moi c'est une métaphore de ce rêve de parler au monde entier, et de son échec. Aujourd'hui nous avons  Internet, mais les frontières n'ont jamais été aussi imperméables."

Ce texte date de 1997 et malgré la "mondialisation" galopante et le "sur-développement" d'Internet  il me semble de plus en plus d'actualité.

 

(1) tous payés : les initiés comprendront

 

20.09.2009

Une cartographie peut en cacher une autre

Emmanuel Hoog, ci-devant PDG de l'INA,   vient de publier aux éditions du seuil  "mémoire année zéro"

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Dans un interview du Nouvel Obs du 3-9 septembre 2009 il déclare :

"Il faut urbaniser internet. C'est à dire, tout d'abord, nous en offrir une représentation visuelle, une véritable cartographie. Nous sommes comme ces premiers navigateurs qui inventaient un monde au moyen d'une carte à mesure qu'ils le découvraient. Chacun peut distinguer  à l'oeil nu une épicerie d'une école, une mairie d'un garage. je crois que civiliser internet, c'est permettre à chacun de s'y retrouver facilement. C'est réussir ce que l'Italie a réussi à la Renaissance (...) physiquement. Tant que cette terra incognita n'était pas visible sous les traits d'un dessin, elle n'existait pas. Pour internet, c'est la même chose. Dans le monde réel il y a des rues, des bâtiments  ..."

Alors douce musique aux oreilles du Serial Mapper ? Eh bien pas vraiment car la référence aux premiers navigateurs a du mal à cacher la réalité : dès que les européens commençaient à noricir sur du papier la représentation d'un territoire cela signbifiait que la vie et (la civilisation) des habitants de ces espaces changeaient radicalement

Pour faire court je fais donc preuve d'une très grande suspicion quand du haut de sa chaire on prétend apporter ses certitudes pour réguler (sic !) internet et civiliser les internautes qui comme d'autres "sauvages" sont restés de grands enfants. ... Alors quand on plus on prends dans ce contexte la cartographie pour une baguette magique ...

En matière de cartographie il faut se méfier des cartolâtres. Pour illustrer mon propos la petitre phrase ci dessous de Gaulle sur l'Europe et les cabris est parfaite (remplacez Europe par cartographie vous verrez ça marche très bien) (merci le site de l'INA ;-°))

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Je fais le crédit à Emmanuel Hoog d'être un professionnel de l'internet. Mais alors comment peut-il déclarer dans ce même interview :

"sur internet, les photos du petit dernier sont traitées comme les représentations d'enfants peints par Renoir, Et en l'absence de ce genre de distinctions, on ne produit plus de savoir ni de culture". Quel mépris des internautes et de la culture qui se fat tous les jours ! Dans le même genre on trouvera page 154 du livre  cettte déclaration définitive "l'internet n'apprendra jamais à lire".

J'ai fait l'effort d'acheter et de lire le bouquin. Je n'aime pas faire des critiques trop négative mais il s'agit là d'un opuscule écrit en regardant dans le rétroviseur. Par ailleurs, au vu de l'ambition "civilisatrice" de l'auteur il eut été souhaitable que ce dernier fasse preuve de moins d'indigence intellectuelle.

 

PS :

1) j'espére que je vais pas me fâcher avec mes amis de l'INA ;-°))

 

 

08.09.2009

Le pavé anthropolgique de l'été

644 pages, 240 « diagrammes de structure », c'était le pavé de l’été idéal pour un Serial Mapper !

 

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François Heran (1) dans cette somme consacrée aux figures de la parenté déboulonne 2 figures mythiques Claude Levi-Strauss et .. Jacques Bertin.

 

En effet comme son titre peut le laisser deviner cet ouvrage est au moins autant dédié aux structures élémentaires de la parenté qu’à leur mise en scène.

Dès le début du livre l’auteur constate à propos des polémiques autour des théories de la filiation qu’« appuyés sur un meilleur outil graphique, ces débats auraient gagnés en clarté ». Font figure d’accusé ici Claude Levi-Strauss (2) et une bonne partie de ses affidés qui n’ont pas su se doter des outils graphiques adéquats. Ainsi « les 4 structures élémentaires de la parenté (…) sautent aux yeux sur les diagrammes de structures mais, faute d’outils maniables, elles n’ont émergé dans la littérature qu’au prix d’un long labeur ».

Jacques Bertin lui-même s’est attaqué au problème mais ses diagrammes linéaires rencontre un « problème de fond » : « la distinction des sexes n’était pas un principe structurant de la représentation mais une qualité seconde du tracé. Bertin réservait spontanément le tracé de base aux hommes et se contentait de « marquer » les segments féminins par des pointillés ou des traits plus fins. Aussi l’œil ne percevait-il pas d’emblée les modifications de trajectoire qui aiguillent différemment les hommes et les femmes d’un système de parenté à l’autre. ».

Cependant Fraçois Heran poursuit « curieusement la solution m’attendait dans un autre texte de Bertin (…) (qui) mentionnait un résultat de la psychologie de la perception qui remontait à la Gestaltthéorie, à savoir le médiocre rendement visuel des variations de formes ou de couleur, comparé à celui des contrastes d’orientation. Sachant que les systèmes de parenté se différencient avant tout par le sens de circulation des alliances, j’eus l’idée de convertir cette propriété graphique en un postulat fondamental des diagrammes de parenté. Le principe était simple : limiter la trajectoire des individus d’un sexe donné à une seule orientation, soit verticale, soit oblique, l’autre orientation étant réservée au sexe opposé, »

 

Pourtant bon nombre de spécialistes des structures de la parenté ont cru détenir le graal suite au fameux appendice du mathématicien André Weil dans les structures élémentaires de la parenté de 1949. François Heran juge cependant qu’il s’agit là de travaux plus proches de la récréation mathématique que de la recherche de pointe (3).

Soixante ans après le même constate « il y a bien une mathématique de la parenté, mais elle porte sur des objets si simples qu’elle peut toujours se ramener à une mathématique sensible, une mathématique à l’œil nu » qui s’incarne dans les choix de mise en scène de ses diagrammes de structures.

Trop de formalisation et d’équations assèchent les théories : impossible de les critiquer sans utiliser les mêmes armes. A l’opposé le tracé des figures permet, lui, une lecture ouverte : un « changement radical d’interprétation laisse intact le tracé de la figure : il relève de la légende ou du commentaire ».

 

Au final il faut rester modeste « l’acteur est le grand absent des approches structurales »(4) et plus généralement « les réseaux doivent beaucoup aux stratégies mais il est impossible de déduire la stratégie des seuls réseaux » . Cette dernière remarque me parait d'une rare pertinence ...


 

(1)« Après des années de terrain en Andalousie et dans les Andes, François Heran a mené des études sur le choix du conjoint, la sociabilité, l’éducation, l’abstention électorale, la transmission des langues. Il a dirigé L’INED (Institut National d’Etudes Démographiques) de 1999 à 2009 » Source : quatrième de couverture

(2)François Heran reproche également à Claude Levi-Strauss de ne pas avoir reconnu sa dette vis à vis de Marcel Granet « le fondateur refoulé ».

(3)D’ailleurs André Weil n’a pas poursuivi dans le domaine … ni Claude Levi-Strauss d’ailleurs

(4) Dont continue à se réclamer François Heran

25.06.2009

Un monde sans loi mais pas sans carte

Vous avez peut être lu (1) le beau et terrible livre Gomorra (2006) de Roberto Saviano :

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A la fin du livre l'auteur se trouve démuni lorsqu'il veut se représenter les nouveaux mafieux (qu'il appelle les  "stakeholders") dans le monde de l'après globalisation :

"Imaginer, ce n'est pas compliqué. Se représenter une personne, un geste ou toute autre chose abstraite. Ce n'est guère difficile, on peut même  imaginer sa propre mort. Mais imaginer le fonctionnement de l'économie dans son ensemble est une autre affaire.

(...)

Si l'on tente de se représenter l'économie dans son ensemble, on risque de rester les yeux fermés et de se creuser le cerveau jusqu'à ce qu'apparaissent des formes psychédéliques et colorées sur l'écran des paupières.

De plus en plus, j'essayais de reconstituer dans ma tête l'image de l'économie (...) Mais il semblait impossible de trouver un schéma, un diagramme unique. Peut être la seule façon de se représenter le cours de l'économie consistait-elle à partir de ce qu'elle laissait derrière elle, à suivre ses traces, les morceaux de peau morte qu'elle perdait sur son parcours. Les décharges publiques sont le symbole le plus immédiat de tout cycle économique." (page 334)

Pourtant d'autres qui partagent les mêmes préocupations ont déjà répondus:

- Eva Joly dans son livre la force qui nous manque (Cf mon billet ici) met en avant la puissance de la carte qu'elle avait tracé du temps de l'affaire ELF :

J'emporte souvent ce schéma avec moi, au fil des rendez vous. Je l'étale sur les tables, un peu comme un capitaine au combat sort ses vieilles cartes. Les positions ont sans doute varié, les techniques de camouflages se sont sophistiquées, mais le système est là."(page 139)

- il faut également rendre hommage à ce magnifique ouvrage Un monde sans loi (malheureusement épuisé) qui mériterait une réédition (il date de 2003). Sous titré  "la criminalité financière en image" c'est une chef d'œuvre de pédagogie et de visualisation

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Avez-vous d'autres référence sur ce thème ?

 

(1) Sinon c'est un excellent choix pour éviter de bronzer idiot cet été.

27.04.2009

Bilio : De la démocartie numérique

Nicolas Vanbremeersch, alias Versac,  vient de publier un livre important :

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Cet ouvrage aurait pu (aurait du ?) s'intituler "tout ce que vous voulez savoir sur les blogs sans jamais oser le demander".

C'est donc un véritable livre de blogueur ce qui est loin d'être une évidence dans la production éditoriale actuelle. L'auteur prévient cependant : " je n'ai pas épousé le web comme un religion" et il fustige "la naïveté des technolâtres" tout comme "la paresse intellectuelles de ceux qui se contentent de signaler  les risques que font courir les nouvelles technologiques" . Bref autant dire que j'aurai pu écrire un certain nombre (mais pas toutes ;-°)) des phrases de ce livre.

Et la cartographie dans tout ça ?

Autant le préciser tout de suite (et les fidéles lecteurs des commentaires le savent déjà) Nicolas eu la gentilesse de citer Serial Mapper comme point de départ pour découvrir la cartographie de l'information.

Nicolas rappelle que le web est un territoire. La cartographie de l'information est donc centrale même si "à peine cartographiée la carte est fausse" et si personne ne posséde "la carte globale".

Le web est même "tangible, on peut s'y déplacer ". Une telle volonté de re-territorialisation devient rare de nos jours.

Rappellons nous cependant  que le site Cybergeography de l'anglais Martin Dodge a joué un rôle essentiel dans la renaissance de la cartographie de l'information et dans son utilisation pour l'internet.

C'est également dans les années 2000 que IBM avait produit sa fameuse carte du web en noeud papillon

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Ce rappel pédagogique n'empeche pas Nicolas propose à son tour sa cartographie du web en 3 composantes qui repose non pas sur la mise en scène de ce que l'on ose plus appeler le réseau des autoroutes de l'information (les fameux hyperliens)  mais sur une vision éclairante des pratiques sociales qui s'y incarnent.  

 

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Bon je ne sais pas trop comment vous le redire mais précitez-vous sur ce bouquin de 100 pages qui vous permettra enfin de comprendre ce qui fait courir ces drôles de bloggeurs et surtout pourquoi ces nouvelles pratiques vont à l'instar des cafés au XiX éme bouleverser la sphère publique et pas mal d'industrie de la médiation.

Last but not least pour une fois l'auteur est français. Cela fait du bien dans notre cyber monde où 90 % des sources primaires proviennent de la sphére anglo-saxonne.  Au fait à quand la traduction en américian ?

15.03.2009

Les chiffres aussi

Lorsque j'ai reçu l'ouvrage "convaincre avec des graphiques efficaces" récemment publié par Bernad Lebelle chez Eyrolles je dois avouer que le sous titre "sous Excel et Power Point" m'a quelque peu rebuté. Encore un truc pour les maniaques des feuilles Excel à rallonge me suis-je dis (eh oui il m'arrive d'être sectaire ;-°))

 

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En fait ce livre outil constitue une excellente introduction à ... la cartographie de l'information.

Tous les grands penseurs de l'utilisation de la vision pour penser y sont cités et leurs principaux apports sont mis en perspective. Edward Tufte avec son concept d'excellence graphique est particulièrement bien traité ce qui rendra service à ceux qui ne sont pas à l'aise en anglais (ou qui n'ont pas les moyens d'acheter ses magnifiques ouvrages).

Constamment illustré par des galeries et des tableaux cet ouvrage propose des exemples de ce qu'il ne faut faire et surtout de ce qu'il ne faux pas faire.  Même si il est principalement dédié à la mise en scène des données quantitatives il fait œuvre utile pour la communauté Carto 2.0 en proposant des traductions (mini canevas pour small multiples par exemple).

La mise en scène de l'information après la parution d'Information et Visualisation s'installe donc dans le paysage éditorial français.

Je suis naturellement rentré en contact avec l'auteur Bernard Lebelle. Il ne serait pas étonnant que dans un avenir plus ou moins proche nous lancions des initiatives communes  ... En attendant je vous conseille vivement son blog Impact Visuel sous titré "analyser pour comprendre, visualiser pour convaincre".

Précision : livre reçu en service de presse via les bons soins de l'auteur

08.02.2009

Darwin, les coraux et l'utilisation de la vision pour penser

L'ouvrage "les coraux de Darwin" de l'historien d'art et philosophe Horst Bredekamp vient d'être publié en français.

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Dans la masse éditoriale que génère le bicentenaire cet ouvrage est vraiment à part du fait de son érudition et de son apport à l'histoire de la visualisation pour penser.

Dés l'introduction le ton est donné : "il n'est guère possible de sonder l'impulsion intellectuelle de Darwin, si l'on ne comprend pas qu'il possédait aussi l'esprit constructif de l'iconologue. (...) la valeur de la visualisation dans les sciences de la nature est moins souvent déterminée par le savoir-faire déployé que par la faculté d'accélérer le raisonnement. Puisqu'en règle générale, la main traduit mieux que le langage l'évidence immédiate de la pensée en mouvement, le détail apparemment le plus petit devient souvent le plus révélateur".

Horst Bredekamp traque donc dans les carnets (et non dans les textes) la pensée de Darwin en train de se construire et ses véritables intentions.

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Et les coraux dans tout cela ? Dans ce dessin de 1837 plus rien désormais ne rappelle un arbre.

"Darwin a inscrit la formule" I Think" au dessus de l'esquisse définissant ainsi le médium du dessin comme une membrane de la pensée.L'image n'est pas le dérive ou l'illustration, mais le support actif du processus intellectuel. " I think" : ainsi écrit le penseur et ainsi parle l'esquisse.

(...) Les ramifications du modèle corallien de Darwin n'évoluent pas seulement vers le haut mais foisonnent dans toutes les directions comme un relevé cartographique. (...) Le corail permettait non seulement de transmettre de façon particulièrement évocatrice l'image de l'évolution, à la manière d'un tableau de bataille avec des vivants vainqueurs et des morts pétrifiés (1)  mais il garantissait aussi par la forme de la croissance (2) , la dimension anarchique de l'évolution et contredisait en cela une conception mimétique du modèle de l'arbre" (notamment contre Lamarck)

Comment se fait-il alors que la figure de l'arbre soit resté l'icône de l'orthodoxie darwiniste ?

La confusion pourrait provenir de la hâte dans laquelle a été publié l'Origine des Espéces devant la concurrence redoutée d'Afred Wallace. Il a du faire vite : au lieu des 4 diagrammes prévus, un seul schéma couvrira désormais la feuille du diagramme originel de l'évolution.

Plus fondamentalement :

"Dans le fait que Darwin ne dise mot du motif de l'arbre dans son analyse du diagramme, et reste muet sur le diagramme dans son évocation de l'arbre de vie. Il  demeure un abîme révélateur de l'état complexe, et même parfois troublant, de l'homme qui touche, à travers les images, des sphères inaccessibles au langage. Ces images recèlent des idées qui nous donnent accès aux limites du discursif.

En bref "les images ne recouvrent jamais complètement les idées formulées par le langage".

La métaphore graphique darwienne des coraux n'a sans doute pas encore, deux siécles après, produite toute ses potentialités.

Nota bene : ce billet a fait l'objet d'un complément ici

(1) les fameuses branches mortes des coraux

(2) Chez les coraux les branches et les ramifications peuvent toujours produire de nouvelles unions même après leur division. Ceci n'est évidemment pas le cas chez les arbres.

04.12.2008

Le Serial Mapper publie

J'ai le grand plaisir de vous annoncer la parution de l'ouvrage collectif, auquel j'ai collaboré, intitulé Information et Visualisation qui a été  publié sous la direction de Sophie Chauvin, :

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Le prière d'insérer précise :

La nécessité contemporaine d’interagir avec l’information numérique sous toutes ses formes rend prégnant tout questionnement lié à la visualisation d’information. Information & Visualisation rassemble des approches disciplinaires différentes autour de la visualisation de données interactives afin d’entrevoir les perspectives dont elle est porteuse. Cet ouvrage fait non seulement appel à un ensemble de courants de recherche actuels mais aussi aux applications professionnelles et industrielles de la visualisation d’information. Les éléments complémentaires de bibliographie proposés permettront de prolonger la réflexion.

Cette publication est un signe fort que la cartographie de l'information abandonne son statut de domaine en émergence pour tendre à se constituer en discipline dans l'espace hexagonal. En d'autres termes nous allons probablement voir dans tous les prochaines années ce qui a déjà eu lieu aux États-Unis à savoir un véritable foisonnement intellectuel. Et croyez moi le pays de Jacques Bertin a bien des atouts à faire valoir !

Les lecteurs habituels ne seront pas surpris du thème de ma contribution :  La mise en scène d’une cartographie de l’information (cf chapitre 11 de la table des matières ci dessous). On pourra noter également  les chapitres de deux participants au colloque Carto 2.0  Guy Melançon (4) et Laurent Baleydier (12).

PS : J'ai beaucoup transpiré sur mes plans de métro mais ce n'est rien à coté des contraintes liées à la rédaction d'un texte long ;-°)) C'est une sacrée gageure de passer du format billet de blog à un véritable chapitre de bouquin. J'en profite pour remercier publiquement Sophie Chauvin (Université Lille 3) pour son professionnalisme  ... et sa patience.

Avant-propos
Sophie Chauvin

1. Visualisation de la Science et Science de la Visualisation
Jean François COLONNA

2. Lecture et exploration oculaire: intégration du texte et de l’image
Alan CHAUVIN, Laurent SPARROW

3. La visualisation dynamique et interactive : aspects perceptifs et cognitifs
Mireille BETRANCOURT

4. Réseaux sociaux, espaces collaboratifs et visualisation d’information
Guy MELANçON

5. Visualiser les textes et les mots : approches numériques, approches par les graphes Alain LELU

6. Visualisation cohérente 2D-3D de pyramides de documents
Christian JACQUEMIN, Adrien MAZAUD, Rémi DURAND, Camille MAURICE, Frédéric VERNIER

7. Visualisation en recherche d’information
Nicolas BONNEL, Max CHEVALIER, Bernard DOUSSET, Gilles HUBERT

8. Les « hypercartes » : des schèmes de signification
David BIHANIC

9. L’image mise au Net. Dilemmes de la visualisation interactive
Jean-Paul FOURMENTRAUX

10. Navigation et composition dans un univers graphique 3D de grains sonores
Roland CAHEN, Christian JACQUEMIN, Diemo SCHWARZ

11. La mise en scène d’une cartographie de l’information : modèles et perspectives
Claude ASCHENBRENNER

12. Evolution de conception de 4 interfaces de moteurs de recherche cartographiques
Laurent BALEYDIER

13. Quelques repères bibliographiques sur la notion de visualisation d’information
Jessica CUPELLI, Valérie FRIEDRICH

La table des matiéres détaillée

 

 

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