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02/11/2008

Bibliothéque et l'utilisation de la vision pour penser

Les bibliomanes (1) ont un livre de chevet supplémentaire grâce à l'ouvrage que vient de faire paraître Jaques Bonnet :

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Cette prose ravira ceux qui pour le mot "ma bibliothèque" n'a pas de sens alors qu'ils passent leur temps à essayer de classer leurs. bibliothèques.

Au détour de la page 65 on peut trouver cette remarque :

"J'écris dans mes livres, au crayon mais aussi au feutre ou au stylo. (...) Ecrire dans un livre aide à ma lecture, mais aussi à ma mémorisation et à une éventuelle relecture (je garde visuellement pendant des mois le souvenir approximatif de l'endroit du livre où se trouve le passage qui m'a frappé : en haut en bas, page de gauche page de droite, au début à la fin, ou bien j'inscris en fin de livre les pages auxquelles il me faudra revenir)."

On retrouve donc au cœur du royaume des mots les intuitions séculaires de l'art de la mémoireJaques Bonnet exprime en terme très parlant les principes qui sont repris et systématisés dans les cartes heuristiques et les mises en scène (réussies) de l'information.

Et vous quels traitement faites vous subir à vos livres ? Comment prenez vous vos notes ?

 

1) Ces drôles d'oiseau, outre la passion de posséder des ouvrages, ont celle de les lire. Pas de fausse joie cependant pour être un interlocuteur crédible dans le domaine il vaut mieux aligner entre 10 et 20 000 volumes. Personnellement je dois avoir dépassé les 50 % de ce seuil avec des bibliothèques réparties sur 3 sites (dont un au bureau ;-°) et avec l'aide de la génération précédente.

 

17/06/2008

Biblio : dossier Sciences Huamines

L'excellente revue Sciences Humaines publie un hors sérié intitulé "Entre image et écriture : la découverte des systémes graphiques"

 

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 C'est un événement éditorial très important : c'est la première fois à ma connaissance qu'une revue "grand public" consacre une livraison complète à l'utilisation de la vision pour penser.

Les auteurs de mes livres de chevet (1) de ces derniers mois ont pour la plupart partcipé  à cet exercice : Christian Morel, Clarisse Herrenschmidt, Olivier Cullin, Carlo Severi ... Je vous ai mis un lien vers le sommaire pour que vous puissiez juger par vous même de la richesse des thémes traités.

Bref vous l'aurez compris le Serial Mapper a eu son petit Noël bien avant l'heure ;-°)) 

 

(1) Je lis beaucoup sur le sujet mais j'ai toujours du mal à trouver le temps de faire des comptes rendus de lecture car ces ouvrages sont vraiment novateurs et pertinents. On ne peux donc pas expédier ce genre de travail en un billet rédigé en un quart d'heure;

PS 1: A signaler que le colloque Carto 2.0 est cité ainsi que le site de Christophe Tricot sur la cartographie sémantique

PS 2 : Concernant Carlo Severi et l'utilisation de l'art de la mémoire dans les sociétés traditionnelles non occidentales je prépare une présentation sur ce sujet pour la 7 éme rencontre Pétillant qui aura lieu le mercredi 2 juillet

10/06/2008

Devinette

 

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Voici un petit jeu qui consiste à trouver l'auteur de la citation ci dessous (à vos commentaires !)  :

 

"Pour affermir notre mémoire, il est donc très important de veiller, en lisant des livres, à ce que l’imagination de notre mémoire retienne non seulement le numéro et l’ordre (...), mais aussi la couleur et la forme, la place et la position des lettres ; qu’elle retienne où nous avons vu écrite telle chose et telle autre, dans qu’elle partie, à quel endroit de la page (en haut, au milieu, en bas) nous avons aperçu tel énoncé, de telle couleur était le tracé de la lettre (...). Je pense même que, pour stimuler la mémoire, il n’est pas inutile d’apporter une attention minutieuse aux circonstances extérieures, en nous rappelant par exemple, l’aspect, la nature ou la situation des endroits où nous avons entendu dire telle ou telle chose, ainsi que le visage et le comportement de ceux dont nous les avons apprises, et autres détails de ce genre qui peuvent accompagner une quelconque activité. Tout cela est certes enfantin, mais les enfants peuvent en tirer profit."

 

 

 

17/04/2008

Fluctuat nec mergitur

La nouvelle (1) et excellente revue La Géographie de ce printemps 2008 (2) est consacrée aux cartes.

Parmi les articles de cette livraison (nous y reviendrons) on trouve 2 pages sur un dispositif mnémonique tout à fait extraordinaire. C'est en fait la reprise de l'article écrit par Roberta Colombo Dougoud dans Totem N° 46 janvier-avril 2007 publication du musée ethnographique de Genéve (MEG).

 

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ethoc 054777 "Copyright : Musée d'ethnographie de laVille de Genève. Photopgraphie de Johnathan Watts" 
 
"il s'agit de cartes de navigation des îles Marshall (Micronésie) constituées de coquillage et de coraux qui représentent les îles et fixés sur une armature de bois dont les lignes droites ou courbes indiquent respectivement les courants maritimes et la direction de la houle (les mouvements ondulatoires de la mer au voisinage des îles)"

(...)

Contrairement aux cartes traditionnelles,  elles sont étudiées et mémorisées avant le voyage et ne sont pas consultées pendant le déplacement.

 


marshall 2.png

ethoc 054713 "Copyright : Musée d'ethnographie de laVille de Genève. Photopgraphie de Johnathan Watts"

(...) 

 

 Ces cartes peuvent être de trois types :

1) les mattang qui sont utilisées pour enseigner les principes  généraux de navigation et pour apprendre à lire la façon dont les vagues se brisent

2) les meddo ou medo qui reproduisent seulement une section d'un groupe d'île 

3) les rebbelib ou rebbelith  qui représentent la majorité ou la totalité de l'archipel

(...)

Seuls certains groupes possèdent ces connaissances qui se transmettent de père en fils. Chaque flotte, composée d'une quinzaine de pirogues, comprend un navigateur qui maitrise ces cartes, lesquelles demeureront en service jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale.

 

  

(1) en fait c'est une renaissance elle date de 1882

(2) disponible dans certains kiosques au prix de  6,90 euros

14/02/2008

Pour les amoureux et les autres

Les anglo-saxons fêtent depuis bien longtemps la Saint Valentin en s'échangeant des cartes (postales) ad hoc.  Le site Cartophilia nous présente quelques une de ces "Valentine Cards" revues et corrigées pas des artistes

 J'aime bien celle de Ernest Dudley Chase ( A Pictorial Map of Loveland (1943)) qui n'est pas sans évoquer "la carte de tendre"

 

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Mediathinker produit beaucoup de carte personnelle mais généralement ne les publient pas. Voici ce que cela donne lorsqu'il fait exception :


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Here is an example I will share that is very map-like. I even let my super-ego label it for the benefit of viewers. It summarises and lays bare a lot of emotions and things I’ve been feeling this year. There’s a great deal unsaid, too.

24/01/2008

Penser différemment la mémoire

Notre époque "post-moderne" n'est pas seulement celle de l'info-obésité mais aussi celle de son pendant à savoir la  mémoire fragmentée.  On trouve beaucoup de travaux sur le tsunami informationnel mais beaucoup moins sur nos stratégies mémorielles.

Il faut dons saluer l'initiative des Vendredis de la Philosophie de France Culture qui ont consacré l'émission du 18 janvier à la "théorie et pratique de la mémoire collective".

 François Noudelmann avait invité, entre autres, Carlos Severi auteur du livre "le principe de la chimère : une anthropologie de la mémoire" 

C'est un livre magnifique et qui fera date. Cet anthropologue explique que les dispositifs graphiques et visuels permettent dans des sociétés sans écriture d'organiser les savoirs notamment en mettant en séquence les choses à mémoriser.

Ces dispositifs visuels ont souvent été mal interprétés. Ils ont été perçus comme une pseudo écriture alors que l'écriture est un très mauvais modèle pour les sociétés primitives.

La tradition orale repose sur des artefacts (visuel, sonore, gestuelle) qui stimulent l'imagination. Il ne s'agit pas ici de réciter à la lettre un récit mais de le récréer de manière suffisamment fiable pour ne pas oublier d'étapes.

On retrouve ici les intuitions de Frances Yates dans son livre sur l'Art de la Mémoire qui cependant ne parlait que de la sphére occidentale déjà doté de l'écriture.     

Face à la généalogie trop unifiante qui oppose la passé au présent et l'écrit à l'absence de mémoire il faut respecter la multiplicité et la dynamique des sources mémorielles.

 C'est d'ailleurs ce que nous apprennent les sciences cognitives. Les souvenirs ne sont pas stockés "tels quel" dans le cerveau mais ils sont recréés à chaque fois.

 

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 vous trouverez plus d'informations sur cet ouvrage dans la quatrième de couverture reproduit ci dessous :

Qu'elle s'appuie sur l'ornement, la peinture corporelle, le masque ou le pictogramme, la mémoire des peuples «sans écriture» a toujours paru labile, désordonnée, vouée à l'échec. Les «supports mnémoniques» dont parlent les historiens de l'écriture à propos de ces traditions sont régulièrement décrits comme des tentatives avortées de reproduire la forme extérieure d'un objet, ou des moyens graphiques simples d'exprimer des concepts élémentaires.


Ce livre nous présente les résultats d'une vaste enquête anthropologique menée en Amérique indienne et en Océanie. Il analyse nombre de ces dispositifs visuels, tout en étudiant les contextes d'énonciation rituelle qu'ils impliquent et démontre une tout autre hypothèse : il existe une voie de la représentation chimérique par laquelle s'inventent des arts de la mémoire non occidentaux. Rien d'imitatif dans ces «supports mnémoniques» dont la forme mobilise le regard et invite à les décrypter. Ils sont les témoins visuels d'une série d'opérations mentales condensées en images efficaces, intenses et fragmentaires à la fois.

Un nouveau champ de recherche s'ouvre grâce à l'étude de ces traditions iconographiques et orales qui concerne l'histoire des arts autant que l'ensemble des sciences sociales - une anthropologie de la mémoire.

20/01/2008

Polyglotte

La carte Europa Polyglotta a été publiée en 1730 par Gottfried Hensel :

 

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Ce dispositif met en perspective au moins 14 alphabets réparti sur le pourtour de la carte de l' Europe.

L'effet est renforcé puisque sur chaque "pays" figure dans la langue et l'alphabet qui convient la première phrase de la prière catholique du Notre Pére .

Le code couleur permet également de repérer les 2 grands familles de langues.

Il est rare de trouver autant d'informations pertinentes sur si peu d'espace.

Nous nous trouvons probablement en face d'un des chefs d'œuvre qu'il faudrait  exposer dans un futur musée de la cognition (ou si l'on préfère de l'archéologie des technologies intellectuelles).

 

Via Strange Map 

 

08/01/2008

réseau sémantique du 16ème siècle

Je vous fais suivre, avec son accord, le courriel d'une lecteur Jean Rohmer qui a su trouver cet intéressant dispositif : 

Voici un exemple de réseau sémantique du 16ème siècle.

C'est une photo que j'ai prise dans la cathédrale de Grenade.

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Il s'agit d'une illustration / enluminure de très grands livres de chant (une page fait environ 1 mètre de haut)

Le mélange de sémantique et de logique est impressionnant.

Par ailleurs, le latin me semble effectivement un langage logique qui a de l'avenir

Jean Rohmer 

23/10/2007

histoire des religions

Le site History of War nous propose, après celui sur l'histoire du Moyen Orient,  un nouveau clip centré cette fois ci sur l'histoire des ("grandes" ) religions dans le monde.

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 Les principales périodes d'expansion sont dûment signalées, nous rappelant au passage que, les religions sont une des plus formidables armes de destruction massive dont se soit dotée l'humanité.

Il est dommage que cette mise en scène part de territoires vierges alors qu'ils étaient occupés par la seule religion universelle à savoir le chamanisme et le panthéisme.  A ce sujet il conveint de (re)lire les romans (hilarants) de Arto Paasilinna et en particulier le fils du dieu de l'orage.

18/10/2007

Nuage de note

Agnès de Saxcé a "cartographié" la conférence Olivier Ertzscheid sur La communauté comme indexeur: l’indexation comme partage de savoir et construction de connaissances sous forme de nuage de tag :

 

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Ce type de prise de note (et/ou de rstitution ?) est vraiment très original.

On rejoint l'intuition de Jack Goody qui dans la Raison Graphique avait bien perçu que l'écriture n'etait pas intrinsèquement linéaire mais dès le départ avait donné lieu à des préoccupations spatiales notamment à travers les listes.

Nos modernes nuages de tags sont les héritiers de ce type de préoccupation. C'est peut être la raison profonde de leur succés.

 

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Voir également le billet d' Olivier  sur le sujet