14/07/2010
Biblio : Un cartographe au royaume des mots
Vous connaissez sans doute l'académicien Erik Orsenna. Je vous conseille la lecture, durant ce magnifique été, de son dernier ouvrage l'Entreprise des Indes où il dénonce de manière forte le génocide des autochtones sud américians :
Outre sa qualité littéraire et documentaire (Cf le prière d'insérer à la fin du billet) l'auteur nous offre de magnifiques notations sur les cartes :
"Au fond, chaque carte est une peau. Comme une peau, elle confère l'identité. comme une peau, elle est sac; elle évité que les réalités contenues en elle ne s'évident
(...)
Une carte ne sert pas seulement à définir la frontière entre la Terre et la Mer. Elle recueille des diversités et les rassemble. mieux les assigne à résidence.
(...)
Rien ne procure plus de paix que la lecture d'une carte. A suivre son tracé, le monde parait si simple, si ferme , si certain ... Qui pourrait imaginer l'envers de cette carte, ses coulisses, ses entrailles, les efforts qu'il a fallu déployer pour aboutir à ce simple trait, les interrogations, les enquêtes, les déductions , les recoupements ... ? "
L'intérêt d'Erik Orsenna pour les cartes n'est pas une simple posture comme le montre la page d'accueil de son site internet :
Pas mal pour un académicien français !
Je ne résiste pas à cette dernière citation :
(..) ce n'est pas moi qui vous apprendrai que le mot (curiosité) vient du latin cura, qui veut dire "cure" "soin". le curieux est un médecin, il prend soin du monde." (1)
Comme promis voici le texte de la quatrième de couverture :
23:06 Publié dans carte versus territoire, Cartographie et Littérature, Serial Bibliographie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |
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16/12/2009
Serial routes
La check liste du Monde (abonnés) a mis en exergue cette magnifique réalisation : Les plus grandes expéditions sur une carte dans les termes suivant :
Les célèbres explorateurs de ce monde ont toujours fasciné l'imaginaire collectif. Le site californien Good.is a réalisé une mappemonde (http://awesome.good.is/
Merci à Marie-Pierre Lacroix (qui détient sans doute le record de billets crées sur ce blog par ses signalements)
PS : prenez le temps de jouer avec ce dispositif : il y a plein de ressources cachées.
19:30 Publié dans carte versus territoire, Cartographie et Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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06/12/2009
Villes, Cartes et littérature
De même que ce n'est pas un lieux commun de dire que l'on ne fait pas de littérature avec des bons sentiments, les exemples de bonne littérature rurale sont rares (1). La littérature me semble essentiellement urbaine. Ce billet dédié à la collection les écrivains et la ville publiée chez Bloomsbury ouvre bien des horizons avec ses cartes associées :
(1) il faut cependant sauver Zola.
22:29 Publié dans Cartographie et Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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03/06/2009
rhétorique néolibérale et cartographie
A l'heure où la "campagne" électorale répond de moins en moins à la question que tout le monde devrait se poser "c'est où qu'on va quand ?" (1) il est rafraîchissant de constater que certain utilise la cartographie éditoriale pour réaliser un véritable travail de fond.
Un de mes lecteurs vient de m'envoyer son œuvre. Intitulé "les mots ont un sens" ce nouveau plan de métro se veut la mise à plat de la langue néolibérale :
Attention pour que l'expérience soit complète il faut écouter le fichier son !
L'auteur art-erroriste (sic) précise
Cartographier cette langue grâce à un « réseau » de concepts permet d'en appréhender l'étendue, ses ramifications, ses connections et peut-être ses lacunes. La carte présentée est l'illustration sous forme d'un plan de métro de la rhétorique néolibérale. Le plan de métro est choisi pour sa référence populaire, sa facilité d'appropriation et puis surtout il permet d'illustrer : « le train des reformes ». Sa forme tentaculaire est voulue, on pourrait penser à une pieuvre ou peut-être à un crabe. La langue néolibérale serait-elle un cancer ?
(....)
Cette gouvernementalité trouve sa traduction néolibérale: LA GOUVERNANCE. C’est pour cela
que je place le terme Gouvernance au centre du plan. Il est le mot clef, l’oeil au travers duquel on regarde le monde.
(...)
En filagramme, j’écris LQR (en hommage à E.Hazan), Lingua Quintae Republicae pour rappeler la LTI de V. Klemperer. Mais en faisant attention de ne pas faire l’amalgame avec ce qu’il s’est passé sous le IIIème Reich. Je n’utilise pas le terme de novlangue car dans le roman de G.Orwell, la novlangue est imposée par un gouvernement (comme sous le 3ème Reich). Dans 1984 le pouvoir fait éditer de nouveaux dictionnaires officiels. Le seul rapprochement que l’on peut faire avec la LTI, c’est l’invasion du vocabulaire technique pour décrire des aspects de la vie. (« il est formaté » par exemple).
retrouvez la liste des mots ici et le texte complet d'explication et des indices de lectures
Prenez donc le temps de regarder de près cette carte et surtout de la faire suivre à vos contacts. D'accord ou pas d'accord nous sommes devant une synthèse critique parfaitement informée "(7 ouvrages récents en bibliographie) sur la langue de ce qu'on appelait il y a quelques années" la pensée unique" et qui de fait structure l'espace public.
Il me paraîtrait paradoxale que à l'heure où n'importe quelle carte estampillée web 2.0 fait le tour des blogs une telle approche ne reçoive pas un minimum d'attention. Rendez vous dans quelques jours pour faire le bilan !
Premier effet en ce qui me concerne je m'attendais à trouver cette langue truffée de termes anglo-saxon ... On ne peut constater que le travail de localisation effectuée par nos dirigeants a été particulièrement efficace.
(1) Eh oui on en est là.
03/07/2008
12 à la douzaine
Le blog Flowing Data nous propose une galerie de 12 outils pour explorer les livres
Bine sur cette liste n'est pas exhaustive mais les plus connus y sont représentés. Je demeure un grand nostalgique de ces écorchés ... mais le plus étonnant et poétique reste pour moi les œuvres de Stephanie Posavec
22:01 Publié dans Cartographie et Littérature, Mise en scéne de l'information | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note |
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28/02/2008
"une image, c'est une infinité de mots"
Il y a longtemps que je suis convaincu que l'on apprend souvent plus de chose lorsque l'on fréquente la (bonne) littérature plutôt que bien des essais à la mode (1).
La livraison de ce soir du Monde des Livres nous propose une interview de l'écrivain Julian Rios où figure ces 2 perles :
"Les oiseaux sont comme les idées. On pourait croire que leur manége est incohérent. Pourtant il y a un sens et une inspiration"
et surtout :
"J'ai appris à lire dans la bibliothèque de mon grand-père. En fait, je regardais surtout les images : les gravures de Gustave Doré illustrant les classiques. Contrairement à ce que l'on dit, une image ne "vaut" pas mille mots, mais elle peut en faire venir une infinité. C'est ce qui s'est passé ..."
(1) Nul n'étant parfait ;-))et toute règle ayant des exceptions je fréquente quand même assiduement les essais
23:03 Publié dans Cartographie et Littérature | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |
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27/09/2007
Humanité et cartographie métaphorique
James Turner, graphiste et illustrateur de BD basé à Toronto, a réalisé cette étonnante Carte de l'humanité
Joey deVilla. dans un billet sur son blog présente en détail ce travail monumental dans lequel "la philosphie, la cartographie et la condition humaine se recontrent"
Le territoire de la haine est ainsi baigné par le golfe de l'arrogance et comprend entre autres les provinces de la bigoterie et de l'esclavage.
Si vous êtes observateur vous pourrez croiser , parmi des dizaines d'autres, Copernic, Descartes, les montagnes de Shakespeare (!) et quelques villes bien réelles dont Paris.
J'avais qualifié le XVII siécle finissant d'age d'or de la cartographie métaphorique.
A en juger par l'actualité des ces derniers jours ici la blogosphére est de train de nous refaire revivre une période exceptionnelle !
Vous pouvez acquérir cette carte de l'humanité pour 30 dollars ici
24/09/2007
Sous les couvertures
L'artiste Brian Dettmer pratique des autopsies de livres pour permettre de mieux visualiser le travail artistique qui est à l'intérieur.
Ses écorchés sont remarquables : jugez plutôt ...
ou encore celui là
via Boing Boing
20:25 Publié dans Cartographie et Littérature, La carto s'expose, Serial Texte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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01/08/2007
Amour, trève estivale et cartes
Serial Mapper pour ce dernier billet avant ses vacances vous propose de sacrifier à l'un des marronniers de l'été à savoir l'amour et sa kyrielle de fantasmes qui envahit les hebdomadaires.
Le phénomène ne date pas d'aujourd'hui puisque dès 1654 apparait en France la carte de tendre
Le même thème est traité un siècle plus tard en Allemagne :
Des traces de cette quête peuvent égaiement être trouvée au début du 20 éme siècle aux États-Unis sous forme de cette carte postale :
22:30 Publié dans Cartographie et Littérature, Le cabinet de curiosité, Serial Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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29/07/2007
Moby Dick : roman carto-graphique
Dès le début de ce roman monde(s) Herman Melville nous avertit à propos d'une île 'très loin à l'ouest dans le sud, elle n'était portée sur aucune carte : les vrais lieux n'y figurent jamais".
Achab le capitaine mono maniaque n'en finit pas le soir de refaire ses cartes :
" la lourde lampe d'étain suspendu par des chaines au-dessus de lui allait et venait continuellement, pendant ce temps, balancée par le mouvement du navire, et jetait une succession ininterrompue de rayons et d'ombres sur les rides serrées de son front, au point qu'on eu dit que, tandis que le capitaine traçait lui-même ses lignes et ses routes sur les cartes froissées, un invisible crayon traçait de mêmes des lignes et des routes sur la carte profondément gravée de son front".
Dans ce livre tout est prétexte à vision, des palimpsestes sont dévoilés dans les endroits les plus improbables
" Ma fidèle mémoire a gardé for net le souvenir des hiéroglyphes d'un certain cachalot, qui m'avaient frappé par leur ressemblance étonnante avec une reproduction que j'avais vue des vieux caractères indiens gravés sur les fameuses parois hiéroglyphiques du cours supérieur du Mississippi".
Pas étonnant que cet ouvrage inspire depuis plusieurs années Justin Quinn qui transcrit certains de ses chapitres sous forme de labyrynte textuel
Pour finir une dernière citation extraite de cet ouvrage qui s'applique bien (entre autre ... ) à l'actvité de blogueur :
"Il est des entreprises pour lesquelles un soigneux désordre est la méthode véritable"
Bref n'hésitez pas à vous lancer dans ce monument de la littérature mondiale en ces temps estivals.
source : Moon river illiterate composition
22:19 Publié dans carte versus territoire, Cartographie et Littérature, La carto s'expose | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |
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