03.06.2009
rhétorique néolibérale et cartographie
A l'heure où la "campagne" électorale répond de moins en moins à la question que tout le monde devrait se poser "c'est où qu'on va quand ?" (1) il est rafraîchissant de constater que certain utilise la cartographie éditoriale pour réaliser un véritable travail de fond.
Un de mes lecteurs vient de m'envoyer son œuvre. Intitulé "les mots ont un sens" ce nouveau plan de métro se veut la mise à plat de la langue néolibérale :
Attention pour que l'expérience soit complète il faut écouter le fichier son !
L'auteur art-erroriste (sic) précise
Cartographier cette langue grâce à un « réseau » de concepts permet d'en appréhender l'étendue, ses ramifications, ses connections et peut-être ses lacunes. La carte présentée est l'illustration sous forme d'un plan de métro de la rhétorique néolibérale. Le plan de métro est choisi pour sa référence populaire, sa facilité d'appropriation et puis surtout il permet d'illustrer : « le train des reformes ». Sa forme tentaculaire est voulue, on pourrait penser à une pieuvre ou peut-être à un crabe. La langue néolibérale serait-elle un cancer ?
(....)
Cette gouvernementalité trouve sa traduction néolibérale: LA GOUVERNANCE. C’est pour cela
que je place le terme Gouvernance au centre du plan. Il est le mot clef, l’oeil au travers duquel on regarde le monde.
(...)
En filagramme, j’écris LQR (en hommage à E.Hazan), Lingua Quintae Republicae pour rappeler la LTI de V. Klemperer. Mais en faisant attention de ne pas faire l’amalgame avec ce qu’il s’est passé sous le IIIème Reich. Je n’utilise pas le terme de novlangue car dans le roman de G.Orwell, la novlangue est imposée par un gouvernement (comme sous le 3ème Reich). Dans 1984 le pouvoir fait éditer de nouveaux dictionnaires officiels. Le seul rapprochement que l’on peut faire avec la LTI, c’est l’invasion du vocabulaire technique pour décrire des aspects de la vie. (« il est formaté » par exemple).
retrouvez la liste des mots ici et le texte complet d'explication et des indices de lectures
Prenez donc le temps de regarder de près cette carte et surtout de la faire suivre à vos contacts. D'accord ou pas d'accord nous sommes devant une synthèse critique parfaitement informée "(7 ouvrages récents en bibliographie) sur la langue de ce qu'on appelait il y a quelques années" la pensée unique" et qui de fait structure l'espace public.
Il me paraîtrait paradoxale que à l'heure où n'importe quelle carte estampillée web 2.0 fait le tour des blogs une telle approche ne reçoive pas un minimum d'attention. Rendez vous dans quelques jours pour faire le bilan !
Premier effet en ce qui me concerne je m'attendais à trouver cette langue truffée de termes anglo-saxon ... On ne peut constater que le travail de localisation effectuée par nos dirigeants a été particulièrement efficace.
(1) Eh oui on en est là.
03.07.2008
12 à la douzaine
Le blog Flowing Data nous propose une galerie de 12 outils pour explorer les livres
Bine sur cette liste n'est pas exhaustive mais les plus connus y sont représentés. Je demeure un grand nostalgique de ces écorchés ... mais le plus étonnant et poétique reste pour moi les œuvres de Stephanie Posavec
22:01 Publié dans Cartographie et Littérature, Mise en scéne de l'information | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
28.02.2008
"une image, c'est une infinité de mots"
Il y a longtemps que je suis convaincu que l'on apprend souvent plus de chose lorsque l'on fréquente la (bonne) littérature plutôt que bien des essais à la mode (1).
La livraison de ce soir du Monde des Livres nous propose une interview de l'écrivain Julian Rios où figure ces 2 perles :
"Les oiseaux sont comme les idées. On pourait croire que leur manége est incohérent. Pourtant il y a un sens et une inspiration"
et surtout :
"J'ai appris à lire dans la bibliothèque de mon grand-père. En fait, je regardais surtout les images : les gravures de Gustave Doré illustrant les classiques. Contrairement à ce que l'on dit, une image ne "vaut" pas mille mots, mais elle peut en faire venir une infinité. C'est ce qui s'est passé ..."
(1) Nul n'étant parfait ;-))et toute règle ayant des exceptions je fréquente quand même assiduement les essais
23:03 Publié dans Cartographie et Littérature | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
27.09.2007
Humanité et cartographie métaphorique
James Turner, graphiste et illustrateur de BD basé à Toronto, a réalisé cette étonnante Carte de l'humanité
Joey deVilla. dans un billet sur son blog présente en détail ce travail monumental dans lequel "la philosphie, la cartographie et la condition humaine se recontrent"
Le territoire de la haine est ainsi baigné par le golfe de l'arrogance et comprend entre autres les provinces de la bigoterie et de l'esclavage.
Si vous êtes observateur vous pourrez croiser , parmi des dizaines d'autres, Copernic, Descartes, les montagnes de Shakespeare (!) et quelques villes bien réelles dont Paris.
J'avais qualifié le XVII siécle finissant d'age d'or de la cartographie métaphorique.
A en juger par l'actualité des ces derniers jours ici la blogosphére est de train de nous refaire revivre une période exceptionnelle !
Vous pouvez acquérir cette carte de l'humanité pour 30 dollars ici
24.09.2007
Sous les couvertures
L'artiste Brian Dettmer pratique des autopsies de livres pour permettre de mieux visualiser le travail artistique qui est à l'intérieur.
Ses écorchés sont remarquables : jugez plutôt ...
ou encore celui là
via Boing Boing
20:25 Publié dans Cartographie et Littérature, La carto s'expose, Serial Texte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.08.2007
Amour, trève estivale et cartes
Serial Mapper pour ce dernier billet avant ses vacances vous propose de sacrifier à l'un des marronniers de l'été à savoir l'amour et sa kyrielle de fantasmes qui envahit les hebdomadaires.
Le phénomène ne date pas d'aujourd'hui puisque dès 1654 apparait en France la carte de tendre
Le même thème est traité un siècle plus tard en Allemagne :
Des traces de cette quête peuvent égaiement être trouvée au début du 20 éme siècle aux États-Unis sous forme de cette carte postale :
22:30 Publié dans Cartographie et Littérature, Le cabinet de curiosité, Serial Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.07.2007
Moby Dick : roman carto-graphique
Dès le début de ce roman monde(s) Herman Melville nous avertit à propos d'une île 'très loin à l'ouest dans le sud, elle n'était portée sur aucune carte : les vrais lieux n'y figurent jamais".
Achab le capitaine mono maniaque n'en finit pas le soir de refaire ses cartes :
" la lourde lampe d'étain suspendu par des chaines au-dessus de lui allait et venait continuellement, pendant ce temps, balancée par le mouvement du navire, et jetait une succession ininterrompue de rayons et d'ombres sur les rides serrées de son front, au point qu'on eu dit que, tandis que le capitaine traçait lui-même ses lignes et ses routes sur les cartes froissées, un invisible crayon traçait de mêmes des lignes et des routes sur la carte profondément gravée de son front".
Dans ce livre tout est prétexte à vision, des palimpsestes sont dévoilés dans les endroits les plus improbables
" Ma fidèle mémoire a gardé for net le souvenir des hiéroglyphes d'un certain cachalot, qui m'avaient frappé par leur ressemblance étonnante avec une reproduction que j'avais vue des vieux caractères indiens gravés sur les fameuses parois hiéroglyphiques du cours supérieur du Mississippi".
Pas étonnant que cet ouvrage inspire depuis plusieurs années Justin Quinn qui transcrit certains de ses chapitres sous forme de labyrynte textuel
Pour finir une dernière citation extraite de cet ouvrage qui s'applique bien (entre autre ... ) à l'actvité de blogueur :
"Il est des entreprises pour lesquelles un soigneux désordre est la méthode véritable"
Bref n'hésitez pas à vous lancer dans ce monument de la littérature mondiale en ces temps estivals.
source : Moon river illiterate composition
22:19 Publié dans carte versus territoire, Cartographie et Littérature, La carto s'expose | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
16.07.2007
R.A.T.P version 2.0 ?
Mon tropisme pour les plans de métro a été repéré par Jean-Marc Bellot (son blog se trouve ici) qui me signale, dans un commentaire, ce magnifique détournement oulipien de notre bon vieux plan parisien. Cette carte est réalisée par Gilles Esposito Farese astrophysicien et chercheur au CNRS..
Ici le territoire est parfaitement respecté. Seul change le nom des stations au grès d'anagramme dont voici quelques exemples
Grande Arche de La Défense = Fard de gala en déshérence
Les Halles = Less a hell
Musée d'Orsay = Mur à Odyssée
Saint-Denis - Université = Nuit à inviter des seins
Place des Fêtes = Pacte des elfes
Vous trouverez de plus amples explications sur le blog de jean Marc Bellot et la liste des anagramme des 300 (!) stations sur la page de Gilles Esposito Farese
18:35 Publié dans carte versus territoire, Cartographie et Littérature, Le cabinet de curiosité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.05.2007
George Sand revisitée par la cartographie sémantique
L'atelier de création du WEB C'est Nettement Mieux nous propose une "cartographie sémantique" extrait du site commémoratif de George Sand :
"La représentation et l’organisation graphique des connaissances est un champ d’expérimentation passionnant dans l’installation d’interfaces Web innovantes. Dans le site commémoratif de George Sand, le défi consistait à représenter la richesse des relations de George Sand à la fois dans le niveau de proximité qu’avaient les individus avec la romancière et dans le champ des domaines politiques, artistiques, littéraires, musicaux dans lesquels ils exerçaient leurs activités."
L'interface à base de pétale est très réussie. Elle change heureusement des métaphores habituellement employées pour représenter les réseaux a savoir le diptyque noeuds / liens.
PS: merci à Cristophe Tricot pour cette ressource.
22:10 Publié dans Cartographie et Littérature, Le cabinet de curiosité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
02.07.2006
Biblio : La mystérieuse flamme de la reine Loana
Bien connu depuis "le Nom de la Rose" Umberto Eco n’a cessé de produire des romans sur les sujets les plus divers. Notre sémiologue a donc prouvé qu’il avait plus d’un tour dans son sac. Le Pendule de Foucault avait ainsi anticipé, en la ridiculisant par avance, la vague ésotérique du "Da Vinci Code".
Son dernier ouvrage en étonnera néanmoins plus d’un : on a rarement vu de nos jours un roman si abondamment illustré. Il faut dire que Loana a pour thème central la mémoire. En nous contant le parcours tourmenté d’un amnésique Umberto Eco puise à la fois dans ses souvenirs personnels et dans les enseignements récents des sciences cognitives. Hyper mnésique du côté mémoire sémantique (c’est une vraie encyclopédie) le héro n’a plus de mémoire épisodique (il a perdu le souvenir des épisodes de sa vie personnelle). Le roman nous raconte ses tribulations pour retrouver sa mémoire. Retiré dans la maison de son enfance, il recherchera dans les moindres recoins du grenier sa «mémoire de papier» pour reconstituer
21:40 Publié dans Cartographie et Littérature, Serial Bibliographie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Eco, art de la mémoire, roman













